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L’apport de l’inscription de l’Ujumbé dans la liste des monuments en périls de la WMF.

L’inscription du palais de l’Ujumbé sur la liste des monuments en péril de la World Monument Funds a eu comme conséquence de sortir ce site d’une relative méconnaissance. Elle a permis également de faire bénéficier ce dernier de divers financements qui, sans cet éclairage médiatique, n’auraient pas existé.

 

Ainsi l’UNESCO depuis fin 2009 presse sa Commission Nationale auprès du gouvernement comorien pour que débute la procédure d’inscription des sites du Sultanat historique des Comores publiés dans la liste indicative en février 2007. Cette démarche est restée jusqu’ici sans résultat. D’ores et déjà, dans un souci de préservation de l’existant - menacé de s’écrouler - et de sécurité pour la population, l’UNESCO a décidé de débloquer une somme de 50 000 $ pour la sécurisation de l’Ujumbé. Dans ce cadre, notre collectif a organisé une double mission à Mutsamudu. La première, préparatoire, a été conduite par notre architecte, Monsieur Pierre Blondin et qui s’est déroulée en février dernier. A partir des recommandations de ce dernier, nous avons fait appel à Madame Valérie Goulet, architecte spécialisée dans les bâtiments traditionnels swahélis qui vient d’achever la deuxième mission d’une durée de trois mois. Au cours de cette mission, ont été choisies les entreprises qui devront mener les travaux de consolidation et les premiers étayages du bâtiment (Rez de chaussée et étage) ont été mis en place.

Sous la conduite et les conseils du bureau de WMF à Dar es Salaam, nous avons présenté un dossier auprès du Fonds américain (AFCP) dit « Fonds des Ambassadeurs » et, après étude, ce dernier a décidé d’affecter une somme de 80 000 $ aux travaux de restauration de l’Ujumbé. Cette subvention qui s’ajoute à celle du Fonds d’Urgence de l’UNESCO porte ainsi à 130 000 $ les sommes consacrées au sauvetage du palais sur un total nécessaire estimé à 200 0000 $.

A ce titre, le dimanche 08 août 2010, Madame Anie Rasoamanana la représentante de l’ambassade des États Unis à Madagascar s’est rendue à Mutsamudu pour visiter le site et discuter avec l’antenne de notre collectif des conditions devant être réunies pour le déblocage des fonds. Elle a pu travailler avec les membres de notre antenne ( M Caambi Elyachourty, M Farid Rachad, M Bourhane Abdérémane, Mme Nouzouhat Abdou Silahi et Monsieur Dahillou, ingénieur).


Réunion de travail

L’Ujumbé n’est pas le seul monument en péril à bénéficier de financements internationaux. La citadelle de Mutsamudu vient de faire l’objet d’une action de co-développement pilotée par l’Ambassade de France à Moroni et en partenariat avec la mairie de Mutsamudu, l’association WEMA, la Jeune Chambre Économique « OLM Mutsamudu » et notre collectif. L’objectif est de sécuriser le fort pour envisager, dans un deuxième temps sa restauration. Cette opération permettra de mettre en place des formations aux métiers de la réhabilitation d’ouvrages traditionnels et donc créera un potentiel de savoir faire qui pourra être utilisé sur les autres chantiers des sites inscrits sur la liste indicative de l’UNESCO et publiée en février 2007.

Comme on le voit dans ce survol des initiatives en cours, la défense et la valorisation de nos richesses architecturales commencent à être une réalité sur le terrain et auront bientôt des répercussions en termes économiques. Ce résultat, nous le devons à la mobilisation des Comoriens et des amis des Comores et au soutien du chef de l’État, Son Excellence, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Nous le devons également à l’inscription de l’Ujumbé sur la liste des monuments en péril de la WMF. Pour que ces effets bénéfiques ne soient pas limités dans le temps et dans l’espace, il convient d’une part que le dossier d’inscription au patrimoine de l’UNESCO sorte de son actuel sommeil mais aussi que les comités ou associations locales manifestent leur volonté de défendre tel ou tel projet de réhabilitation en présentant des dossiers. Ceux ci pourront alors bénéficier de l’expérience acquise à Anjouan et, bien sûr, de l’appui et du concours de notre collectif.


Visite du chantier